Le Secret des conteuses

Une pièce de théâtre de Martine Amsili

Le Secret des conteuses

                                                                                     

L’Esprit féminin français du XVIIe s

Le Secret des conteuses est une comédie sur fond d’histoire de France et de Roi Soleil.

Avec Delphine Zentout : Ninon de Lenclos                             

 Julia de Gasquet : Madame de Sévigné

 Florence Cabaret : Mademoiselle de Scudéry

 Séverine Cojannot : Madame Scarron

Maria Pitarresi :       Louison

Le Secret des conteuses est une comédie sur fond d’histoire de France et de Roi Soleil.

Nous sommes en 1671 dans le salon de Ninon de Lenclos, au 36 rue des Tournelles, à Paris, où se pressait toute la belle société de l’époque.

À la faveur d’un secret, chaque galante déploie sa verve en toute liberté, dévoile un amour clandestin et enfin révèle une passion cachée dans laquelle elle se serait éperdument jetée.  Toutefois le nom de l’homme ne saurait être porté à la connaissance avant que toutes n’aient parlé.

Ce jour ne ressemble à aucun autre et réunit uniquement ce qu’il y a de plus féminin, de plus lettré, et de plus célébré en ce monde. Ninon de Lenclos a choisi la grande éloquence de quelques grandes Dames pour un petit jeu de sa composition intitulé :

Le Secret des conteuses :

Ninon de Lenclos, Madame de Sévigné, Mademoiselle de Scudéry, Madame Scarron et Louison représentent : l’Esprit Féminin Français du XVIIe siècle  et ressuscitent l’atmosphère des salons d’antan.

Les personnages :

Ninon de Lenclos

Avez-vous entendu parler d’une courtisane en ces termes,  « Sa Majesté du Marais ? » Connaissez-vous, « Notre Dame des Amours ? »  Ninon de Lenclos fut la femme la plus courtisée de son temps. Belle, intelligente, et imprévisible. Elle tint salon dès 1667 en l’Hôtel de Sagonne. Elle mena une vie de femme libre. Toutefois, elle aima l’amour et les écrivains, et eût la façon la plus plaisante de dire les choses les plus dures de la vie.   « Monsieur de Courcelles est mort d’une maladie dont sa femme se porte fort bien ».

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                                                                      Madame de Sévigné

Veuve prématurément, Madame de Sévigné, grande épistolière, fut une femme sensible et douce. De plus, elle ne manquait ni de vertu ni de beauté. Evidemment, après la mort de son mari, elle est très courtisée. Toutefois, elle de se remarier. Elle se consacre à ses enfants et surtout à sa fille, Madame de Grignan. Elle la chérit plus que tout au monde et lui écrira plus de mille longues lettres dans un style jamais égalé.

                                                                                                                                                 

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Madame Scarron

Françoise d’Aubigné (Madame Scarron) est la petite-fille du célèbre poète Agrippa D’Aubigné. Veuve de Paul Scarron, poète fort apprécié, elle l’épouse sans dot et malgré son handicap. D’un esprit brillant, elle charma le Roi par ses lettres.   Dès 1669 elle prend en charge ses enfants qu’il a avec Madame de Montespan. À partir de ce moment, Elle entre à Versailles et reçoit les faveurs de Louis XIV. Grâce à son esprit, aux bons soins qu’elle prodigue  aux enfants le monarque lui octroie un château à Maintenon. Elle devint Madame de  Maintenon en 1675 et épouse morganatique du Roi en 1683.

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Mademoiselle de Scudéry

Magdeleine de Scudéry est une des gloires de la société précieuse du Grand Siècle.  En effet, dotée d’une grande sensibilité, elle est recherchée de toute la belle société. De surcroît,  instruite et distinguée,  elle jouit à son époque des faveurs du Roi. Magdeleine ne se maria jamais. Son esprit et sa grâce, sa grande éloquence et son art de vivre à la française inspira Louis XIV. Il lui décerne un prix d’éloquence en 1671.  (Discours sur la Gloire). Tout comme Madame de La Fayette, elle donna dans le roman et plus précisément dans le domaine du roman héroïque,  Artamène ou le Grand Cyrus et Clélie.

Louison

La dame de compagnie de Ninon, Louison est une jeune femme très dévouée. Elle est très pieuse, coquette, naïve et espiègle. Ninon l’étonne beaucoup,  mais elle ne s’habitue pas à ses frasques. Louison admire la grande courtisane  pour sa beauté, sa grâce, sa culture. Mais surtout pour l’amour qu’elle inspire aux hommes.

 

 

Note de l’auteur : 

Martine Amsili-lecture à haute voixLe Secret des Conteuses est une comédie sur fond d’histoire de France et de Roi Soleil. Nous sommes chez Ninon de Lenclos, courtisane, sublime, spirituelle, piquante, en compagnie de la grande épistolière Madame de Sévigné, de l’éloquente romancière Mademoiselle de Scudéry, de Madame Scarron (future épouse morganatique de Louis XIV) sans oublier la chambrière de Ninon Louison.
 
Ces femmes incarnent le temps d’une pièce, sous l’égide de Ninon, le courant sceptique et libertin du XVIIe siècle dont l’impertinent écho portera jusqu’aux cafés célèbres de la Révolution. Nous sommes en 1671, à l’âge d’or du théâtre, des grands épistoliers, du Mercure Galant et de la préciosité.
 
À la faveur d’un secret, des conteuses vont déployer leur verve en toute liberté. Ainsi pour évoquer un amour singulier : Le Secret des Conteuses nous révèle au fil des scènes, l’héritage social, amoureux et intellectuel auquel la femme d’aujourd’hui pourrait s’identifier sans rougir. J’ai tenté ici de  ressusciter les bons mots.  Ici, le bel esprit d’antan  retrouve l’atmosphère qui y régnait. Il ne s’agit pas ici de pasticher ces grands auteurs mais plus humblement de se prendre à un jeu plaisant. Celui du langage du Grand Siècle.
 
Lors de mes lectures et de mes recherches, Ninon de Lenclos apparaît comme la plus surprenante des créatures. En effet, sa personnalité originale, son indépendance et son esprit prennent le contre-pied d’une époque. effectivement la plupart des femmes est reléguée au dernier rang. Et plus encore à l’écart du monde des lettres et de la connaissance.

Ninon de Lenclos, madame de Sévigné, mademoiselle de Scudéry et madame Scarron représentent ici l’Esprit féminin français du XVIIe siècle.

Ninon de Lenclos fut certes la courtisane que l’on sait. Et cependant la favorite de personne. Certes, elle jetait son dévolu sur des hommes célèbres. Cependant, elle pouvait aussi bien éconduire un duc pour son laquais. En effet, dès son plus jeune âge, elle s’inspire d’un père volage. Et par conséquent n’écoute guère une mère dévote. Elle entend suivre sa pente audacieusement. Sa légende la précédera et, par-delà l’inconstance amoureuse, son caractère fidèle en amitié, lui vaudra des louanges.
 
Voilà ! telle fut la véritable réputation de Ninon. Au 36 rue des Tournelles, chez Ninon, on pouvait croiser Molière. Mais encore La Rochefoucauld et Jean de La Fontaine, sans oublier le fin philosophe, l’ami de toujours Saint-Evremond. Huygens, Madame de la Sablière, Madame de la Fayette et plus encore…Tout ce beau monde se rendait aussi à la cour. Le Roi en personne prenait toujours de ses nouvelles en ces termes « Comment se porte sa Majesté du Marais » ?
 
Que les travers d’une grande demoiselle se résolvent en qualités historiques pourra surprendre la morale d’aujourd’hui. Sans doute ! Mais guère celle d’hier ! Cette déesse Aphrodite, grande séductrice se distingua dans l’Art de se faire aimer. Elle s’appliqua jusqu’à un âge avancé à voyager dans le cœur des hommes. Mais  tout en le désertant au gré de ses inspirations. Sans doute faut-il y voir avant l’heure une nécessité d’indépendance. Et certainement la clef de voûte d’une très moderne condition des femmes.