Marie Adeelaide de France Fille Louis XVLiotard-1753

Lettre aux Lecteurs

Les livres hantent vos maisons, ils accourent dès que votre mémoire les appelle et se hissent à votre propre ardeur. Ils sont là pour vous susurrer des mots chers en vous mêmes et sont vos compagnons de toujours. Que ne dites-vous pas qu’ils n’aient déjà murmuré à votre oreille, que ne rêvez-vous pas qu’ils n’aient déjà tracé sur le papier, que n’inventiez-vous pas qu’ils n’aient déjà vécu.

Dans vos yeux ces diables d’auteurs s’accordent à vous plaire.

Notre langue française trouve dans la phrase son sens primitif avec le sujet, le verbe et le complément.

La grammaire ne s’invente pas, une écriture inintelligible rejoint une penséee illisible et pauvre ! Les littérateurs brûlant de leur passion pour l’écriture, embrasés dans leur détermination à retranscrire leurs émotions de la manière la plus singulière ont choisi de dépasser la structure initiale et simpliste d’un texte plutôt que de donner raison la raison.

Comment peut-on émettre une telle pensée ? Un auteur raisonnable, cela n’est pas concevable ! Les chefs-d’œuvre n’existeraient pas ! George Sand, Molière, Francis Jammes, Victor Hugo, Boileau, Jean de La Fontaine, Pinter, Verlaine, Rimbaud, Baudelaire, … non plus !

Ces faiseurs de mots, ces êtres épris de notre belle langue rivalisent de tournures insolentes, d’inversions outrecuidantes, de syntaxes plus ou moins audacieuses. Ils ont inventé une langue, la leur ! Reconnaissable parmi toutes les autres. Leur pensée jaillit sous leur plume, nous sommes sensibles à leur « petite musique » et comprenons en les lisant que la passion du verbe gouverne tout ! A force de contrastes, de variations, de courbes, d’harmonie et de style, ils nous livrent l’état dans lequel ils se trouvaient au moment où ils composaient leurs partitions. Nous en ressentons les traits d’archets, nous vibrons sous leur chant lyrique. Nous entrons dans leurs résonances, dans leurs urgences, leurs peines de cœur et leurs joies immenses. Sans le vouloir et pour l’éternité, ces virtuoses se sont inscrits dans le monde verbal.

Des milliers de citations, de fragments de textes, de poésies, d’épîtres, de fables, de romans demeurent notre patrimoine littéraire.

“La lecture agrandit l’âme, et un ami éclairé la console.” Voltaire

Avec sa formation intense sur la Lecture à haute voix, Martine Amsili remet en question le lecteur en le confrontant aux pratiques justes de l’art oratoire, en le préparant à s’adresser à un public, et à maintenir un auditoire.

La lecture à haute voix est la première chose à explorer pour détecter la respiration d’un texte. La diction, les inflexions, les finales, tout est tracé, nous devons nous rompre à une nouvelle langue,  à une nouvelle écriture.

La beauté de la lecture découle du jeu des mots et du rebondissement du verbe, la lecture s’enorgueillit toujours dans sa trajectoire verbale d’inflexions nouvelles conduites avec adresse.

Lecteurs entrez au Cénacle des mots !

 Martine Amsili

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